Pour les footeux du coin et leurs proches, la semaine qui précède le chaud derby de ce samedi 18 avril à Bévilard (17h), contre Birse FC. c’est la semaine des délices et des promesses, la semaine des discussions enflammées, la semaine où l’eau vous vient à la bouche. D’ailleurs, à ce stade, l’on est déjà en train de se demander si le magnifique record d’affluence du match aller sera battu. Pour rappel: le 6 septembre dernier, 690 spectateurs se pressaient à l’Allianz Park de Tavannes pour assister à cet événement inédit dans l’histoire des deux clubs. Sur le terrain, il n’y avait pas eu photo. En scorant dès la 7e minute, puis dans l’enchaînement à la 8e, Birse avait très vite posé les jalons d’un carton (5-0, mi-temps 3-0) dont l’ampleur s’est révélée particulièrement humiliante pour notre équipe.
En ce temps-là, notre défenseur central Sergio Cunha (32 ans) faisait encore partie du contingent de la «deux» et assistait à la partie en tant que simple spectateur. «Comme tout le monde, j’avais été surpris par ce résultat», confie-t-il. «Notre équipe se cherchait encore, elle manquait de repères. Elle n’a pas su s’adapter aux circonstances et a commis des erreurs que j’ai imputées à l’époque à un excès de nervosité. Birse FC, de son côté, en voulait davantage, il avait mieux préparé cette confrontation particulière.»
Aujourd’hui de retour en 1re équipe, du moins à titre temporaire, Sergio, qui excelle dans le rôle de grand frère, devrait être, cette fois-ci, de la partie. «Mais je ne sais pas si je vais jouer», prévient-il, «car mes obligations professionnelles m’ont tenu éloigné de la région durant une partie de la semaine.»
«Pas de boule magique»
A quoi le public peut-il s’attendre samedi? «A quelque chose de bien, vu l’entame de second tour encourageante réussie par les deux équipes», répond Sergio. «Mais de là à connaître la recette d’une possible revanche, désolé, je n’ai pas de boule magique. Cela va probablement se jouer à l’envie et sur des détails. Pour nous, il s’agira de limiter au maximum les erreurs individuelles et d’exploiter les quelques brèches qui s’ouvriront dans la défense adverse. Encore tout frais dans l’histoire, ce derby face à Birse ‹parle› davantage aux jeunes joueurs qu’à ceux de ma génération. Nous autres, les anciens, la rivalité régionale qui nous faisait chaud au cœur, c’était contre Moutier…»
Notre interlocuteur connaît bien l’adversaire du jour. «Plusieurs joueurs de Birse sont d’anciens coéquipiers au FCTT», rappelle-t-il, «et j’ai évolué durant plusieurs années sous les ordres de l’entraîneur Steve Langel. Sa rigueur, son envie de toujours progresser, sa capacité à galvaniser ses troupes dans les grandes occasions me sont familières.» La saison dernière à Court, Sergio avait disputé le match aller entre Birse et le FCTT II, en 3e ligue. «On avait alors une belle équipe, un mélange de gars expérimentés et de joueurs vifs, et on s’était imposé par 3-0 en exploitant au mieux les largesses défensives de l’adversaire.»
Birse FC, qui avait remporté le retour 1-0 à Tavannes – en l’absence de Sergio, malade –, avait essuyé là l’une de ses quatre défaites de la saison, ce qui ne l’avait pas empêché, au bout du compte, de décrocher la promotion.
«A la fin, j’étais lessivé»
Sous le maillot du FCTT, son club de toujours, Sergio a joué tant en 2e ligue inter qu’en 2e et en 3e ligue. «La différence de niveau entre les deux premières catégories est énorme, je parlerais même d’un fossé. Si tu n’es pas affûté pour batailler en 2e inter, tu n’as aucune chance», estime-t-il. «En revanche, l’écart est moindre entre la 2e et la 3e ligue. Il y a juste un peu plus de rythme à l’échelon supérieur, un peu plus de technique, un impact physique un peu plus prononcé…»
Ceci explique peut-être pourquoi le trentenaire tramelot aux racines portugaises a endossé son nouveau rôle avec aisance. Son calme et son sens du placement et de l’anticipation ont en tout cas largement contribué à restaurer un climat de sérénité au sein de l’équipe. Ce sacré gaillard s’est même payé le luxe de marquer un but, le 4-0, samedi passé contre Diaspora. «Ouais, mais à la fin j’étais lessivé», sourit-il. «Car contrairement aux apparences, face aux habiles techniciens d’en face, nous avons dû beaucoup courir pour défendre, bien davantage qu’à Porrentruy et qu’à Bienne contre Azzurri.»
L’expérience de Sergio en 1re équipe ne devrait pas se prolonger. «Je suis revenu cet hiver pour donner un coup de main, pas pour jouer les premiers rôles, l’idée étant de vite replacer l’équipe sur les bons rails», précise Sergio, qui, comme en 3e ligue, ne s’entraîne que deux fois par semaine. «Mais, bientôt, je vais retourner dans la ‹deux› et retrouver mes vieux potes, avec lesquels nous savons prendre du recul sur le foot…»

