Notre 1re équipe convie ses fidèles supporters et autres sympathisants à son premier match à domicile du second tour, ce samedi 11 avril à Tavannes (coup d’envoi à 16h). Dans le camp d’en face, on trouvera le FC Diaspora 2014, l’un des ténors de ce groupe seelandais et jurassien de 2e ligue, qui l’avait emporté 1-0 lors du match aller. Sauf que la troupe albano-delémontaine, qu’entraîne l’ancien coach de Delémont et Moutier Armend Gashi, a virtuellement galvaudé toutes ses chances de promotion durant le week-end pascal en s’inclinant 1-2, chez elle, dans le choc au sommet face au leader Haute-Ajoie. Deuxième du classement, elle accuse maintenant neuf points de retard sur les Ajoulots. Très difficile, même s’il reste 10 journées avant la fin du championnat, de remonter pareil handicap.
«Une victoire face à Diaspora ne me surprendrait pas, elle nous permettrait de faire un nouveau pas vers la première moitié du classement», commente notre milieu défensif Léo Vuilleumier, absent bien malgré lui de la compétition pour une longue, une très longue durée, mais spectateur assidu et attentif. «L’équipe se trouve dans une bonne dynamique (réd: elle vient d’engranger quatre points en deux parties à l’extérieur), elle est au point physiquement, les joueurs se sentent concernés. A mon avis, la mayonnaise est en train de prendre. Ce n’était guère le cas au premier tour, que, étant exigeant, je qualifierai de catastrophique. Mais il faut dire que la situation était nouvelle après la relégation de l’été passé, tout le monde se cherchait encore.»
L’arrivée durant le mercato hivernal d’Ivan Mitrov a bien aidé à relancer la machine tavanno-tramelote. A 37 ans, le milieu offensif ou attaquant de pointe arrivé d’Iberico-Macedonia en a encore sous la semelle et se distingue par une combativité de tous les instants. «Quand il a débarqué, je me suis dit: c’est qui, ce gaillard? J’étais plutôt sceptique», avoue Léo. «Mais, avec son engagement admirable, ses qualités techniques et son sens du but, il s’est vite mis tout le monde dans la poche. A n’en pas douter, il va nous faire du bien. Même à l’entraînement, il est toujours à fond!» Ivan, petit par la taille mais grand par la présence, a déjà scoré à deux reprises depuis la reprise.
Une violence inouïe
Mais revenons à Léo lui-même, ce gars des Reussilles de 26 ans qui a pour rarissime singularité de n’avoir jamais porté d’autre maillot que celui du FCTT, depuis ses débuts officiels en 2008. Un temps, ce clubiste dans l’âme dit avoir repoussé des sollicitations de Franches-Montagnes et de Bévilard, «parce que je voulais rester avec ma bande de copains d’ici».
Léo est réapparu en équipe fanion l’été dernier, après la culbute de 2e ligue inter et après deux saisons passées dans la «deux», en 3e ligue. Mû par l’envie de recréer une vraie équipe de village mais aussi par celle de relever un défi sportif, il s’est vite adapté au rythme de la catégorie supérieure. Evoluant en demi récupérateur, son poste préféré, il a su s’imposer au fil des rencontres avant tout par sa combativité et sa dureté dans les duels. «Mes atouts principaux», admet-il en souriant. «A l’époque de Steve Langel, je faisais déjà partie de la 1re équipe. Mais je jouais peu. D’où ce choix, en concertation avec le staff technique, de me relancer à l’échelon d’en dessous.»
Las pour lui, le mauvais sort s’en est mêlé. Il n’est pas exagéré d’affirmer que la poisse a même frappé avec une violence inouïe. Le mardi 14 octobre dernier, tout à la fin d’une rencontre de championnat à Tavannes face à Herzogenbuchsee, Léo s’est gravement blessé au genou gauche. «Je ne me rappelle pas de chaque détail», explique-t-il. «Mais toujours est-il que je me suis fait ça tout seul et que, en retombant d’un saut pour avoir voulu récupérer une balle de la tête, j’ai senti comme une décharge électrique et mon genou ‹partir›. Immédiatement, je n’ai eu aucun doute sur la gravité de la blessure.»
Rien avant 2027
Léo ne s’était pas trompé. Le verdict de la Faculté fait froid dans le dos: complète déchirure du ménisque et du ligament interne, déchirure du ligament antérieur croisé. La totale, quoi. «C’était si compliqué qu’il a fallu passer sur le billard à deux reprises, les deux fois à la clinique Rennbahn à Muttenz», poursuit Léo. «La première opération s’est déroulée le 20 octobre, la seconde le 13 mars. En octobre et en novembre, je n’en menais pas large. Mon mental et ma patience ont été mis à rude épreuve. Pour résumer, j’ai eu droit à six semaines de béquilles et de canapé. Ensuite, à coup de trois séances de physio hebdomadaires, les douleurs ont disparu. J’ai pu peu à peu restaurer la mobilité, la force et la fonctionnalité du genou, remuscler la jambe et le mollet. C’était la condition pour subir une deuxième intervention. Tout s’est bien passé à l’hôpital, j’entame maintenant ma dernière rééducation.»
La complète guérison prendra du temps, beaucoup de temps. «L’équipe médicale m’a prévenu, je ne pourrai pas reprendre la pratique d’un sport de contact comme le foot ou le ski avant 2027», soupire Léo. «Il faudra alors voir où j’en suis en matière de moral et de niveau de jeu, mais oui, j’espère pouvoir rejouer!»
Pour l’heure, Léo est à l’assurance. Donc dans l’incapacité temporaire d’exercer son nouveau métier, celui de «touche à tout», pour utiliser sa propre expression, dans un domaine agricole de la région.

