Steven Sollberger, si jeune et si ancien à la fois, à l’interview

Steven Sollberger (à gauche) croqué dans son nouveau maillot... (Photo Alain Boillat)

Ses admiratrices (et-teurs) disent de lui qu’il a la tête bien faite. Au sens propre comme au figuré. Au FCTT, Steven Sollberger est en tout cas vite entré dans le cœur d’à peu près tout le monde. Il a beau n’avoir que 20 ans, il fait déjà partie de l’inventaire, ou presque. Arrivé à l’appel de Steve Langel en juillet 2021, en provenance de l’Académie du FC Bienne – il en faisait partie depuis ses débuts dans l’école de foot, sous l’égide de son père Christophe –, le milieu de terrain curgismondain a depuis lors mouillé le maillot pour son nouveau club avec talent et une louable persévérance. Il a joué en alternance avec la 1re équipe et, sans rechigner, avec les juniors A et la «deux».

Au fait, pourquoi ce choix tavanno-tramelot? «C’était ça, par commodité géographique, ou alors m’engager à Xamax pour viser le haut du panier», répond Steven. «Sauf que, en sortant des M16 biennois, je n’ai pas été sélectionné pour aller à Neuchâtel. Et que je n’avais de toute façon pas un intérêt très prononcé pour tenter l’aventure dans l’élite.»

Aujourd’hui, Steven est devenu un joueur établi de la bande à Fabio De Feo, et c’est à ce titre qu’il s’exprime à l’heure où les nôtres s’apprêtent à recevoir Haute-Ajoie, ce samedi 9 mai à Tavannes (16h).

Steven, notre équipe a déjà affronté le leader à deux reprises cette saison, à Grandfontaine les deux fois. C’était en match amical le 19 juillet dernier (1-1), puis en championnat le 7 octobre (défaite 1-2). Que penses-tu de cet adversaire?

Qu’il ne figure pas en tête du classement par hasard. Mais il a obtenu des résultats disons… plus variés depuis la reprise, après le changement d’entraîneur (réd: Valentin Focki a succédé à Ludovic Brugnerotto, parti à Bassecourt). Haute-Ajoie vient d’ailleurs de se prendre une surprenante gifle (réd: 6-2) à l’extérieur contre son poursuivant immédiat Aemme. Quoi qu’il en soit, nous avons une chance de gagner, personne ne nous fait peur. Nous sommes, ne l’oublions pas, sur une lancée favorable et encore invaincus depuis le début du second tour.

Oui, on a enregistré avec plaisir cette série positive de trois victoires et quatre nuls. Des nuls qui auraient toutefois tous pu se transformer en succès…

C’est vrai. Il ne nous a pas manqué grand-chose à chaque fois pour faire le plein de points.

La venue de Haute-Ajoie constitue la première partie d’une semaine anglaise gratinée, avec dans l’enchaînement deux déplacements redoutables à Zollbrück face à Aemme (le mercredi 13 mai), puis à Herzogenbuchsee (le samedi 16 mai). Dur à endurer, ce régime de pros, pour un joueur amateur?

Pour certains de mes coéquipiers, comme Renato Martins ou Jordan Beauquier par exemple, qui ont de lourds horaires de travail, c’est très contraignant en effet. Pour moi qui suis étudiant, c’est plus facile. Mon planning m’offre assez de temps libre pour bien dormir et récupérer. Mais ces semaines anglaises laissent quand même des traces dans les organismes. On l’a vu récemment contre Val Terbi. A la fin, toute l’équipe avait les jambes fatiguées et manquait d’énergie et de spontanéité.

A propos de tes études, t’en es à quel stade dans ton cursus?

Je suis en deuxième année Bachelor à l’Université de Neuchâtel, en littérature, histoire et histoire de l’art, trois branches qui me passionnent. A terme, je me suis fixé pour objectif de devenir prof de gymnase. C’est ce degré-là d’enseignement qui m’intéresse.

Revenons au football… Pourquoi portes-tu le No 5?

En hommage à Zinédine Zidane, l’un des plus grands joueurs de l’histoire, que j’admire. J’aurais pu prétendre au No 6 également, mais il n’était pas disponible.

Quelle est ta position préférée sur le terrain?

Celle de No 8. Mais je viens de découvrir les joies d’évoluer en No 10, et c’est ce poste plus offensif qui me parle en ce moment. J’aime l’idée de pouvoir agir en électron libre, me déplacer, demander le ballon…

Et même de marquer des buts…

Oui, j’en ai mis deux cette saison (réd: contre Azzurri lors de la journée inaugurale du championnat et face à Birse récemment, d’un splendide tir du gauche, chose plutôt rare pour un droitier). Et j’espère que ça ne va pas s’arrêter là.

A Bévilard récemment, Steven Sollberger a marqué un magnifique but. (Photo Alain Boillat)

Ces derniers temps, tu donnes l’impression d’avoir gagné en robustesse…

C’est vrai. Depuis un an, je fréquente une salle de fitness et me sens mieux physiquement. L’un de mes défauts était de manquer de dureté dans les duels. Là, ça va mieux. Il est un autre domaine que je dois mieux maîtriser, qui touche le mental. Je manque de confiance en moi, je ne joue pas de façon assez libérée, sans doute parce que je me mets trop de pression. L’entraîneur ne cesse pourtant de m’encourager à tenter davantage ma chance, à me porter vers l’avant en cherchant à percuter.

Et tes qualités, tu les vois où?

Attention, hein, je ne tiens pas à jouer les prétentieux. Mais je crois posséder une certaine qualité de passe et un bon pied droit. L’instinct, aussi, pour rapidement scanner tout ce qui se passe autour de moi.

A part ça, t’es fâché avec Fabio De Feo, ton entraîneur, vu le peu de temps de jeu qu’il t’accorde?

Non, pas du tout. D’ailleurs, ça marche mieux pour ma matricule ces derniers temps dans ce domaine. Je suis bien conscient d’être en concurrence avec des joueurs plus expérimentés. Du coup, au fil des semaines, j’essaie de gagner la confiance de Fabio pour qu’il me considère davantage qu’un gars de seconde zone qu’on utilise seulement quand il manque du monde.

Tes parents, Brigitte et Christophe, te suivent de près. Ancien joueur et entraîneur de haut niveau, ton père est un grand connaisseur de la matière. Est-ce que cela te stresse?

Non, plus maintenant. Il fut un temps où il m’impressionnait. Mais aujourd’hui, je suis content qu’il soit là en tant que père. Je crois que ça lui fait plaisir de suivre son fils. Entre nous, on cause souvent foot, ça le démange. Plutôt que de me critiquer, il me distille des conseils. Il s’agit de retours constructifs.

Pour conclure cet entretien, cette inévitable question: quels sont tes projets pour la saison prochaine?

J’ai reçu quelques sollicitations, mais j’ai donné mon accord de principe pour rester fidèle au FCTT. Je me plais dans ce club, dans cet environnement. On se sent entouré. Il y règne un vif intérêt et un vrai esprit de collectivité, chose plutôt rare.

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