Il est l’une des figures les plus attachantes et les plus souriantes de notre club et en incarne parfaitement les valeurs. Il, c’est le Tramelot Benjamin Mercier (32 ans), «Benjy» pour les intimes. Ancien défenseur de la 1re équipe contraint d’interrompre sa carrière de footballeur à l’âge de 26 ans après avoir été victime d’un grave accident de ski, il exerce depuis lors, en toute discrétion, la fonction de team-manager de la 1re équipe.
Ce poste a été créé en 2021 à la demande du coach de l’époque Steve Langel, alors que le FCTT militait encore en 2e ligue inter. Pour un club de cette catégorie de jeu, obligé de se «professionnaliser» un peu pour régler notamment ses problèmes d’intendance, cela répondait à un réel besoin.
Tâches allégées
«A l’époque», glisse ‹Benjy›, «mon cahier des charges prévoyait de donner ponctuellement des coups de main pour l’entraînement et l’échauffement avant les matches, de gérer aussi la question du nettoyage des équipements d’entraînement. Mais mon activité principale consistait à organiser les transports en car pour les matches à l’extérieur, ainsi qu’à établir la liste de mesures et la prise de commande de tout l’équipement des joueurs et du staff technique de la 1re équipe. Aujourd’hui, ces points ne sont plus d’actualité. Par exemple, tout ce qui concerne l’achat de matériel a été centralisé pour l’ensemble du club, avec Eugenio Buarne dans le rôle de grand manitou. Quant aux déplacements, en 2e ligue, ils ne se font plus que très rarement en car.»
Ainsi donc, au fil du temps, les tâches de «Benjy» se sont fortement allégées. «Actuellement, je m’occupe encore de la gestion du planning de nos deux soigneurs, Cécile Sifringer et Christophe Ramey, de l’organisation des repas d’équipe après les matches à domicile et de la tenue de la rubrique «une-deux» dans les programmes de match», précise-t-il.
A la fin de la saison dernière, notre homme s’est demandé si son poste avait encore un sens. «J’ai dit aux nouveaux dirigeants du club qu’ils n’étaient pas obligés de me garder», sourit-il. «Mais ils m’ont demandé de rester, considérant mon engagement comme un coup de pouce bienvenu. Je le fais volontiers. Mais j’avoue que, avec mon travail et la naissance récente de nos deux enfants, mon emploi du temps est devenu serré. Je ne pourrais pas m’investir davantage. Les travaux de rénovation de la maison familiale que nous avons acquise récemment m’ont aussi beaucoup sollicité…»
«Benjy», qui exerce la profession d’optométriste chez Optic 2000 à Tramelan, est marié à Chloé, optométriste elle aussi. Le couple élève deux enfants en bas âge, Charles et Emile. La tradition des Mercier, dont la descendance est composée d’une écrasante majorité de garçons, est ainsi respectée. Notre interlocuteur n’a-t-il pas grandi pour sa part aux côtés de cinq frères?
Passion pour la course à pied
Depuis qu’il a dû cesser de jouer au foot, «Benjy» s’est pris de passion pour un autre sport, la course à pied. En compagnie de son pote Dane Imbriano, lui aussi un ancien joueur du FCTT, il vient de participer pour la première fois au Marathon de Berlin. Il a bouclé les 42,195 km de cette 52e édition d’une des plus importances épreuves du genre en Europe, qui réunissait plus de 56’000 participants au total, dans le temps respectable de 3h09’46. Ce qui lui a valu le 5413e rang. Dane, lui, a réussi un meilleur temps encore (2h55’30).

Récemment, au Marathon de Berlin, trois anciens coéquipiers du FCTT, Danael Kipfer, Yannick Tellenbach et Sergio Cunha, ont rendu une visite surprise à Benjamin Mercier et Dane Imbriano. Sympa!
Au printemps prochain, «Benjy» envisage d’en remettre une couche. Il veut s’inscrire au Marathon de Zurich. «Ces courses de longue distance exigent une préparation très sérieuse», explique-t-il. «Pour m’entraîner, je cours de 40 à 50 km par semaine, à raison de trois séances que je programme très tôt le matin, soit avant de me rendre à mon travail. Cela se passe souvent aux Franches-Montagnes, dans le cadre grandiose de la nature qui se réveille.»
Si sa vie n’avait pas basculé il y a bientôt six ans sur les pentes enneigées de la station vaudoise de Leysin, «Benjy» porterait peut-être toujours le maillot de notre 1re équipe. Il faut rappeler que, pendant de longues années, il s’est fait apprécier et respecter en tant que coéquipier modèle. «Le prototype du joueur du FCTT», titrait le «Journal du Jura» du 11 août 2017 en brossant son portrait. Très attaché à son club de cœur, il était un latéral fougueux et impulsif, connu pour son tempérament offensif et son endurance.
Coma et longue hospitalisation
Mais un grave accident de ski a tout changé. Le 21 décembre 2020, «Benjy» a été victime d’une chute dans les Alpes vaudoises dont il n’a pas gardé le moindre souvenir, alors que, casqué comme il se doit, il ne descendait pas à grande vitesse et sans qu’un tiers ne soit impliqué, lui expliquera-t-on plus tard. Par miracle, deux médecins en congé sont arrivés sur les lieux peu après et ont tout de suite pris la mesure de la gravité des blessures. Ils ont alerté les secouristes de la station, lesquels ont sollicité l’intervention urgente d’un hélicoptère de la Rega.
Plongé dans un coma artificiel et transféré au CHUV à Lausanne, «Benjy» restera maintenu dans cet état durant une dizaine de jours. Et hospitalisé pendant deux mois. «Mon cas était critique, j’aurais pu y rester», avoue-t-il. Le diagnostic de la Faculté évoquera principalement de sévères lésions crânio-cérébrales traumatiques, doublées d’une hémorragie cérébrale.
Aujourd’hui, le rouquin au sourire mutin a retrouvé une vie à peu près normale. Mais il a gardé des séquelles de son accident, dues à l’écrasement du nerf oculomoteur. Quand ses deux yeux sont ouverts, il voit double. Voilà pourquoi il obture le droit avec un pansement ou une lentille de contact occlusive. Cela dit, ce terrible coup du destin ne l’a pas empêché de conserver sa légendaire bonne humeur…

Benjamin Mercier, l’une des nombreuses figures attachantes du FCTT.

