Or donc, on a pu le vérifier à nos dépens pas plus tard que mercredi soir à Courroux, en quarts de finale de la Coupe jurassienne, le football a ses raisons que la raison ne connaît pas. Mener 0-3, atteindre son meilleur niveau de jeu, dominer clairement son adversaire, mais s’effondrer tout à coup pour finir par perdre 4-3 dans les arrêts de jeu et rater du coup le grand objectif que s’était fixé le nouveau comité du FCTT: non, cela n’est pas impossible.
Reste à savoir maintenant si notre équipe aura digéré ce gros coup au moral au moment de recevoir le mal classé Herzogenbuchsee, ce samedi 10 octobre à Tavannes (16h), à l’enseigne de la 10e journée de championnat. Entraîné depuis avril dernier par Bajram Kurtulus, cet adversaire a connu un début de saison plutôt mitigé. Il n’a gagné que deux fois, contre Birse et Aemme, et n’est classé qu’à un modeste 11e rang, juste au-dessus de la barre de relégation. Chose curieuse, l’équipe de Haute-Argovie offre pourtant cette particularité de posséder – conjointement avec Aarberg – l’offensive la plus prolifique du groupe (21 buts marqués, pour autant de reçus).
«C’est la loi du sport»
Mais revenons à nos moutons. L’incroyable tournure des événements de mercredi a-t-elle mis le coach David Quain en colère? Ou rendu triste? «Rien de tout ça, «répond-il, «c’est le meilleur match en termes de contenu que nous avons livré depuis bien longtemps. J’espère que nous pourrons reproduire cela, c’est la qualité de jeu que je souhaite atteindre depuis mon arrivée. Il s’agit d’un travail de longue haleine. Contempler le genre de séquences que nous avons proposées à Courroux est un sentiment positif.»
Mais comment peut-on expliquer un tel renversement de situation? «Les quatre buts encaissés ont résulté d’erreurs individuelles», estime David. «Et en face de nous, il y avait un adversaire de qualité possédant de fortes individualités. Je pense par ailleurs que l’absence de certains joueurs nous a été préjudiciable. Il ne faut pas oublier non plus que nous avions disputé un match difficile trois jours plus tôt à Moutier, alors que Courrendlin-Courroux a bénéficié, lui, de 24 heures de repos supplémentaires.»
Lors de la séance de décrassage du lendemain, l’entraîneur n’a pas rencontré des joueurs accablés par la déception. «Non, aucune trace d’atmosphère pesante», dit-il. «Après tout, c’est la loi du sport. Il faut l’accepter et continuer d’avancer.»
A Courroux, certains supporters du FCTT se sont demandés pourquoi il avait été renoncé aux services de Noé Rodrigues et pratiquement aussi d’Ivan Mitrov, les meilleurs atouts de la ligne d’attaque? «Les deux étaient diminués par de petites blessures musculaires suite au match de Moutier», explique David. «Cela dit, leur absence ne nous a pas empêchés de marquer trois buts… S’ils avaient joué et s’étaient blessés plus gravement, ils couraient le risque d’être indisponibles jusqu’à la fin du premier tour.» Un scénario impensable.
Et David d’ajouter: «Nous avons un contingent à faire évoluer afin de préserver des joueurs, de faire confiance à d’autres et de pouvoir aligner une équipe compétitive contre Herzogenbuchsee, compte tenu des forfaits de Sergio Cuhna et Loïc Dubois, qui partent en week-end tous les deux, et des suspendus Jordan Beauquier et Steven Crolet. Mais nous allons rebondir, j’ai confiance en mon groupe.»

