Ilario Roberto: «Le moment était venu de relever le défi»

C'est Ilario Roberto qui dirige désormais notre MOJU. (Photo Etienne Chapuis)

Tout comme les deux coprésidents Sébastien Bühler et Thierry Guenot, la secrétaire Malika Greder et le responsable des manifestations Matthieu Leiber, Ilario Roberto incarne le renouveau des instances dirigeantes du FCTT. Nommé au poste de président du mouvement juniors (MOJU) lors de notre assemblée générale du 26 juin dernier, en lieu et place du binôme Besnik Shabani – Jonny Martello, le binational italo-suisse et néo-Tavannois de 36 ans remplissait déjà cette fonction de manière inofficielle depuis six mois. Soit à partir du moment où il a sauté dans le train en marche parce que ses deux prédécesseurs commençaient à lâcher du lest, contraints et forcés par leurs obligations professionnelles.

Ceux qui côtoient de près cet ancien défenseur de la 1re équipe et de la «deux» le dépeignent comme une personnalité discrète et pondérée, mais ayant de la poigne et la tête sur les épaules, et n’ayant pas pour habitude de se laisser marcher sur les pieds. Chez les Roberto, une famille italienne originaire de la région d’Avellino, on est passionné de foot de père en fils. On rappellera que Giuseppe, le papa d’Ilario, n’est autre que le caissier de nos deux stades.

Ilario nous explique ici sa motivation et sa façon d’appréhender les choses.

Une question en préambule: ce remaniement en profondeur du comité ne constitue-t-il pas un danger pour l’avenir immédiat du club, ou du moins pour son équilibre?

Non, car il ne s’agit pas d’une cassure. Les «repreneurs» font partie du club depuis des lustres et en connaissent parfaitement les valeurs et les rouages. Sans vouloir renier tout ce qui a été construit depuis la fusion de 2001, nous allons nous efforcer d’amener une énergie et des idées nouvelles. Mais nous saurons demander conseil aux anciens en cas de besoin.

Qui t’a incité à te lancer dans le grand bain?

Le team-coach et coordinateur Francesco Martello. Il n’a guère dû insister, car j’ai senti que le moment était venu de relever le défi et de redonner quelque chose au club. En tant que co-entraîneur des juniors E et F, où jouent mes deux fils Livio et Alessio, je faisais d’ailleurs déjà partie du comité du MOJU et connaissais donc la musique.

Tu t’y prends comment pour gérer cette grosse corvée, sans nuire pour autant à tes obligations familiales et professionnelles?

Cela exige effectivement une certaine organisation. Et demande d’avoir les idées claires, avec toujours en toile de fond l’envie d’accomplir ce qui semble le plus juste pour le bien-être des joueurs. A la maison, j’ai la chance de pouvoir compter sur l’appui de mon épouse Valérie. Elle est très compréhensive. Et elle n’est pas que spectatrice. Un jour, pour dépanner les juniors G, elle s’est même muée en entraîneure avec une autre maman! Au travail, mon job est évidemment prioritaire (réd: formé à la base comme polymécanicien, Ilario travaille aujourd’hui à la Rolex, à Bienne, dans le secteur de l’industrialisation des composants horlogers, et à ce titre il lui arrive parfois de se déplacer à l’étranger).

Qu’est-ce que tu as déjà changé au sein du MOJU depuis l’hiver dernier?

Pas grand-chose. Il ne s’agissait pas de tout révolutionner, mais bien davantage de terminer la saison en cours le mieux possible. Outre l’organisation à Tavannes de notre tournoi en salle, puis des finales de la Coupe jurassienne, il a fallu lancer tous les préparatifs des championnats 2026/27 de nos équipes juniors. En tout, cela représentait une importante masse de travail.

Ce que tu as l’intention de corriger à l’avenir?

J’envisage de développer une structure plus informatisée dans le suivi des tâches, ce qui nous offrira une meilleure perspective globale et évitera d’établir des cahiers des charges qui sont rarement suivis à la lettre.

Tout autre chose. Le MOJU du FCTT recense-t-il assez d’entraîneurs pour la nouvelle saison?

Oui. Chacune de nos équipes pourra compter sur deux entraîneurs, trois même chez les plus petits. Cela dit, je confirme qu’il n’est pas facile de trouver des personnes non seulement prêtes à s’investir, mais aussi à respecter une certaine ligne de conduite. Ce qui prime, c’est d’assurer la meilleure formation possible à nos juniors, en partant du principe que les résultats finissent en général par arriver quand tu bosses bien. Au FCTT, nous avons la chance de pouvoir tabler sur des entraîneurs au long cours d’une extrême fidélité. A l’image de David Maeder et Thierry Chappatte, qui exercent depuis des dizaines d’années et sont extrêmement précieux.

Toi aussi, t’es entraîneur, et même de deux équipes à la fois…

Oui. Il faut jongler parfois avec les horaires et avec les autres coaches, mais cela me permet de suivre de près mes deux fils. Et avec eux, pas de favoritisme. Je me dois de les traiter comme tout le monde.

Explique-nous le mode de fonctionnement du MOJU…

Il est composé d’une cellule technique composée de Francesco Martello, Dionisio Sponziello, par ailleurs responsable des juniors G, F et E, Sebastian Bermudez et moi; d’un responsable administratif, Dario Gonano; d’une secrétaire, Dominique Délétroz; d’un responsable des arbitres, Eliott Matthey; et d’un responsable du matériel, Eugenio Buarne. Dans cet organigramme, Francesco Martello joue un rôle essentiel puisqu’il est en plus team-coach et coordinateur. Tous ces gens sont expérimentés et de bon conseil, ils m’aident quand je ne sais pas. Et on peut remarquer que la plupart d’entre eux coiffent une double, voire une triple casquette.

Est-ce qu’il y a quelques pépites en devenir au FCTT?

Difficile pour moi de répondre à cette question. Quelques éléments parmi les meilleurs ont été détectés et recrutés par Delémont et Bienne, mais ils sont au bénéfice d’une double licence, pour être sûrs de jouer chaque week-end. D’autre part, je constate avec plaisir que de belles volées se sont formées. A nous de faire en sorte de les amener plus tard dans nos équipes d’actifs.

Les clubs se plaignent de plus en plus des effets néfastes du foot à la carte…

Nous ne sommes pas épargnés. Récemment, j’ai organisé une réunion de parents pour tenter de les sensibiliser à ce phénomène regrettable. J’ai ensuite contacté personnellement tous les absents par téléphone. Le message est clair. Le foot n’est pas un sport individuel, mais collectif. Il exige un engagement sérieux et constant.

Comment se passe la collaboration entre le FCTT et le Birse FC?

Bien. Pour clarifier les choses, je précise qu’elle ne concerne que le football à 11 et, pour l’instant, que les juniors B. A l’origine, ce regroupement répondait à une réelle nécessité. Il n’y a pas 40 joueurs de talent à cet âge-là entre Tramelan et Court. Mais tout cela demande un gros investissement de la part des joueurs, des entraîneurs et des parents. Les résultats sont très probants: la version «a» du Team Grand Chasseral a non seulement remporté la Coupe jurassienne à Tavannes, mais aussi la Coupe romande à Martigny. Un sacré exploit! Quant au Team Grand Chasseral «b», il se comporte honorablement à l’étage inférieur. Comme à tous les échelons du MOJU, l’important est d’offrir aux joueurs un niveau de jeu correspondant aux qualités et aux aspirations de chacun. A noter que nos deux équipes de juniors B s’entraînent ensemble, c’est un plus pour la cohésion.

N’a-t-il pas été question aussi de collaborer avec les juniors C?

Cela ne s’est pas fait dans l’immédiat, mais ce n’est peut-être que partie remise. Disons que le projet se doit d’être encore peaufiné. Les deux clubs n’étaient pas prêts, pour l’heure, à tenter l’expérience dans les meilleures conditions.

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