Sacré Célien Roth: intransigeant derrière mais muet devant!

Célien Roth, l'indispensable Breulotier au service du FCTT. (Photo Alain Boillat)

En disposant de Porrentruy 2-1 samedi passé à Tavannes, au terme d’une lutte particulièrement épique, notre 1re équipe n’a pas seulement pris un départ prometteur dans la nouvelle saison. Elle a également administré un grand coup de pied aux fesses d’une fichue tradition. En effet, c’est la troisième fois (!) seulement depuis 2010, 2e ligue inter et 2e ligue confondues, qu’elle remporte une victoire en ouverture de championnat (après le 2-0 de 2012 contre Courroux et le 2-1 de 2023 contre Pratteln). Pour le reste, le bilan de ces premières journées fait frémir: cinq matches nuls et neuf défaites!

Contre les Bruntrutains, les nôtres ont su faire preuve d’une réjouissante détermination et d’une combativité qu’on ne leur connaissait plus. «Nous voulions commencer la saison sur une bonne note, à plus forte raison contre un cador, histoire de souligner nos ambitions», indique le défenseur central Célien Roth. «Cet engagement digne des valeurs défendues par le club a induit trop d’erreurs techniques dans notre jeu, c’est vrai. Mais c’est lui qui, en fin de compte, nous a permis de tenir le coup.»

Ce samedi 15 août, la bande à David Quain aura la chance d’évoluer une seconde fois de suite à domicile, mais à Tramelan cette fois-ci, contre Diaspora (coup d’envoi à 16h). «Bien entendu, notre intention sera de confirmer», poursuit Célien. «Mais cet adversaire fait partie du haut du panier depuis plusieurs saisons et constituera probablement un obstacle de taille, même si je n’arrive pas encore à le situer avec certitude après les multiples mutations que son contingent a subies cet été.» Diaspora a entamé son pensum par un nul (1-1) à Delémont contre Koppigen.

Sixième saison au FCTT

Célien a beau n’avoir que 21 printemps, il fait déjà partie de l’inventaire et passe pour l’un des plus anciens de la formation actuelle. Ne vient-il pas d’entamer sa sixième saison sous les couleurs du FCTT? Après quelques mois en juniors A, il a effectué ses débuts en équipe fanion, en 2e ligue inter, en novembre 2021, alors qu’il avait à peine un peu plus de 16 ans. Et ne l’a plus quittée. Le Breulotier ne cache pas qu’il apprécie particulièrement la chaleur humaine qui règne dans notre club. «Oui, c’est pour cet aspect familial que j’y suis resté fidèle aussi longtemps, mais aussi parce que la plupart de mes potes y jouent également.»

Au FCTT, Célien a joué sous la férule de nombreux entraîneurs: Steve Langel, Philippe Rossinelli, Yannick Langel, Fabio De Feo et désormais David Quain. «Chaque technicien a sa propre vision du foot, alors les principes diffèrent quelque peu à chaque passation de pouvoir», nuance-t-il. «Aujourd’hui avec David, les choses se passent bien. Les joueurs se félicitent en premier lieu d’avoir droit à des séances d’entraînement très structurées. Mais, pour le reste, il est encore prématuré de mettre des mots sur les méthodes du personnage.»

Bien défendre, c’est capital aussi

Formé d’abord au FC Franches-Montagnes, puis passé par la filière BEJUNE, Célien possède maintenant un bagage consistant qui lui permet de camper son rôle de défenseur central avec aisance. Et il s’est encore bonifié ces derniers mois, soit depuis le retour en 1re équipe des anciens Loïc Dubois et Sergio Cunha. «Alors qu’au préalable j’évoluais au côté de plusieurs partenaires différents et qu’on ne se trouvait pas toujours, les deux ont ramené un climat de stabilité bienvenu», admet-il. «Avec eux, je sais que les automatismes vont fonctionner.» Presque à l’aveugle, serait-on tenté d’ajouter.

Célien se réjouit du recrutement estival du FCTT. «Ces sept arrivées nous font du bien», estime-t-il. «Elles ramènent du monde à l’entraînement, ce qui n’était plus guère le cas en fin de saison dernière. Tout en recréant une saine concurrence, elles apportent aussi un vent de fraîcheur appréciable.»

Adepte de la défense à quatre, le système qu’il maîtrise le mieux pour l’avoir pratiqué depuis toujours, Célien – soit dit en passant, il entamera en septembre sa dernière année d’études à l’Université de Neuchâtel, où il vise un bachelor en sport et en management – n’est pas pour autant un ennemi de la défense à trois, variante déjà testée ces dernières semaines par David Quain. «De toute façon, nous possédons assez d’excellents joueurs dans nos rangs pour nous adapter à tous les choix tactiques de l’entraîneur», sourit-il.

Reste une question sans réponse: quand donc Célien, défenseur déjà très mature et difficile à passer, en raison notamment de son explosivité, inscrira-t-il enfin son premier but pour ses couleurs après une si longue attente? «J’avais marqué quelques fois en juniors A, mais jamais en 1re équipe. Lors de mes premières saisons, il faut dire que je m’aventurais très rarement en attaque. Il m’était donc difficile de scorer. Aujourd’hui, je monte plus souvent, mais la réussite se refuse toujours à moi. Heureusement, avec des gens comme Loïc et Sergio, qui se situent une classe au-dessus, nous pouvons compter sur de forts spécialistes des coups de tête.»

Ce mutisme n’empêche pas le jeune défenseur de dormir. «Marquer, c’est bien», souffle-t-il. «Mais j’avoue avoir autant de plaisir à m’interposer avec succès dans une situation brûlante dans notre camp de défense…»

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