Comme chacun sait, l’édition 2025/26 du championnat de 2e ligue arrive à son terme ce samedi 13 juin, avec la venue à Tramelan des Emmentalois de Koppigen. Pour cette rencontre de liquidation entre le 6e du classement et le 3e, les dirigeants du FCTT, histoire de marquer encore une fois les 25 ans du club, ont décidé de faire un geste de bienveillance et de remerciement envers le public en accordant l’entrée gratuite à l’Allianz Suisse Stadium, tout en offrant en outre une saucisse à chaque spectateur qui le désirera.
Ce match face à un opposant que son équipe avait battu 2-0 à l’aller – après qu’un défenseur adverse eut été expulsé dès la 4e minute pour une faute de dernier recours – sera le dernier de notre entraîneur Fabio De Feo. Le technicien biennois de 37 ans, dont le contrat n’a pas été reconduit, sera remplacé à la rentrée par David Quain.
Titulaire d’un diplôme B UEFA, Fabio était arrivé au club à l’été 2024, à la fois comme entraîneur assistant de la 1re équipe et coresponsable de la cellule de développement tout juste mise en place. Quelques mois plus tard, en binôme avec l’autre adjoint, son pote Yannick Langel, il succédait à Philippe Rossinelli au poste de coach principal. Au bout du compte, ce duo de néophytes n’a pu empêcher la relégation de 2e ligue inter. Malgré tout, le club a alors décidé de conserver les services de Fabio, en tant que seul maître à bord, et qui se lançait là dans sa première expérience d’entraîneur «solo» d’une équipe d’adultes. Interview.
Fabio, en début de saison, tu affirmais que tu ne voyais pas le très expérimenté David Quain, fraîchement engagé à la tête de la cellule de développement, comme une menace…
En effet, je n’ai jamais considéré David Quain comme une menace. C’est quelqu’un qui possède une grande expérience et qui apporte beaucoup au club. Bien sûr, j’aurais aimé poursuivre l’aventure, car je crois au travail qui a été entrepris. Mais les dirigeants ont fait un choix et je le respecte pleinement. Je pars avec beaucoup de gratitude pour cette opportunité et avec le sentiment d’avoir donné le maximum. Construire un projet solide, cela exige du temps, davantage qu’un an à mon avis. Tout compte fait, je préfère partir maintenant, la tête haute, plutôt que d’avoir été viré à la fin du premier tour ou au début du second. Cela me pendait au nez, mais les joueurs, eux, voulaient que je reste…
Tu retiens quoi, de cette saison 2025/26?
Avant tout, la progression de l’équipe. Nous avons dû reconstruire après la relégation, intégrer de nouveaux joueurs et donner davantage de responsabilités aux jeunes. Cela a demandé du temps, mais j’ai vu un groupe qui a travaillé sérieusement et qui a progressé au fil des mois. Humainement, ce fut une expérience très enrichissante.
Le bilan de ton équipe s’est sensiblement amélioré au second tour (12 matches, 20 points) par rapport au premier (13 matches, 16 points)…
Oui. On a franchi un cap ce printemps, malgré une avalanche de blessés. Je crois qu’on peut parler d’un très bon deuxième tour. Le contingent manquait pourtant de profondeur et il a fallu intégrer plusieurs juniors et même parfois des joueurs de la «trois» pour faire le nombre.
Le FCTT possède la moins bonne offensive du groupe (35 buts marqués), mais en revanche la quatrième défense la plus hermétique (33 reçus). Une satisfaction particulière pour l’ancien défenseur que tu es?
En effet. C’est une statistique qui reflète une meilleure organisation collective. Nous avons rendu l’équipe plus solide, plus difficile à manœuvrer, en réussissant pas moins de 6 blanchissages et en encaissant seulement 9 buts en tout (réd: contre 24 au premier tour). Sur le plan offensif, nous avons parfois manqué d’efficacité, mais le contenu des matches était souvent intéressant. Ce que je retiens surtout, c’est la manière dont l’équipe a joué et la maîtrise qu’elle a affichée dans de nombreux matches. Nous avons cherché à proposer un football construit et cohérent, et les progrès dans ce domaine ont été réels au fil de la saison.
Tu viens de passer deux saisons au FCTT, en exerçant différentes fonctions. Avec le recul, quel regard portes-tu sur le club?
J’ai apprécié son côté familial et la passion des bénévoles qui l’entourent. Je garderai le meilleur souvenir de ce club bien structuré, compte tenu de son niveau, mais obligé de composer avec certaines contraintes. Ses ressources sont limitées. Souvent, les clubs concurrents paient leurs joueurs, eux. Cela facilite le recrutement. Il y a d’autres points noirs. En premier, je citerai les conditions d’entraînement en hiver. En l’absence d’un terrain synthétique, elles sont vraiment compliquées. Il reste aussi à améliorer la hiérarchie interne, elle devrait être plus claire et mieux respectée. Disons que la 1re équipe devrait avoir un droit de priorité, mais cela n’a pas toujours été le cas ce printemps.
Nombreux sont ceux, dans les milieux du foot, qui t’estiment trop gentil pour être un bon entraîneur…
C’est ma façon d’être, et ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Chacun a sa personnalité. Cela ne m’empêche pas de trancher dans le vif en cas de nécessité. Je n’ai pas peur par exemple de reléguer certains joueurs sur le banc. Je crois qu’il est possible d’être exigeant tout en restant respectueux. Le football est avant tout une aventure humaine, et je pense que les joueurs donnent davantage lorsqu’il existe une relation basée sur la confiance et le respect mutuel. Un coach doit prendre soin d’inclure tout le monde, y compris les absents. En étant joueur, j’ai connu trop d’entraîneurs pour lesquels tu n’existes plus dès lors que t’es blessé.
Tu vas faire quoi, maintenant?
Je souhaite continuer à entraîner, des adultes de préférence, tout en poursuivant mon développement. J’ai l’intention, d’ici deux ou trois ans, de viser le diplôme A. Cette expérience au FCTT m’a beaucoup appris et m’a donné encore plus d’envie pour la suite. Je suis ouvert aux opportunités (réd: cet été, il dit avoir eu une touche sans suite avec le FC Besa et avoir repoussé une proposition de reprendre les M14 de Neuchâtel Xamax) qui me permettront de continuer à progresser et à transmettre ma passion du foot.
Un mot pour conclure?
J’aimerais surtout féliciter les joueurs et les remercier et pour tout ce que nous avons vécu ensemble. Ils ont cru en nous et en notre travail du premier au dernier jour. Ils ont toujours été derrière moi, même dans les moments plus compliqués, et leur soutien a énormément compté. Au final, ce sont eux les acteurs principaux d’une saison. Leur engagement, leur état d’esprit et les progrès réalisés collectivement sont ce dont je suis le plus fier.

