Le FCTT poursuit la série entamée l’été dernier à l’occasion du quart de siècle d’existence de notre club. Cette fois-ci, nous brossons le portrait d’un personnage central du mouvement juniors (MOJU), Francesco Martello (52 ans). Tavannois jusqu’au bout des ongles bien qu’ayant conservé la nationalité italienne de ses parents, arrivés sous nos latitudes en 1962, il a abattu depuis de longues années – et continue allègrement d’abattre – un travail colossal en faveur du développement et de la défense des intérêts de la relève tavanno-tramelote.
Marié à Céline et père de deux enfants encore mineurs, la judoka Leyla et le footballeur Dylan, Francesco gagne sa vie depuis 25 ans à la Rolex, à Bienne, dans le domaine du décolletage et du taillage, et désormais aussi en tant que maître d’apprentissage. A la fin de sa scolarité, il avait accompli son apprentissage chez Tornos, à Moutier. A côté de sa vie familiale et professionnelle, il éprouve une passion immodérée pour le foot, qu’il a cultivée dès son enfance et toujours à Tavannes, localité qu’il n’a jamais quittée. Son parcours ressemble d’ailleurs passablement à celui de son frère Jonny, de trois ans son cadet, lui aussi très impliqué, et à plusieurs titres, au sein de notre MOJU.
L’influence de Rummenigge
Fils d’un fan de la Juventus, Francesco en pince, lui, pour l’Inter de Milan. Pas par esprit de contradiction, non, mais par le fruit du simple hasard. «En 6e année d’école, je m’en souviens bien, j’avais un exposé à faire, mais j’étais à court d’idées pour trouver un sujet», raconte-t-il. «Le soir précédent, j’ai vu un match de l’Inter à la télé et j’ai été impressionné par la performance du joueur allemand Karl-Heinz Rummenigge. Du coup, le choix de mon exposé était tout trouvé, et cela m’a même valu d’obtenir une bonne note. Le fait de l’avoir écrit en italien et de l’avoir traduit simultanément avait impressionné mon instituteur…» Depuis lors, l’admiration pour ce club ne l’a plus lâché.
Balle au pied, Francesco a suivi le cursus classique d’un gars du village. Au début, il jouait au foot avec les gosses de son quartier. Un jour, il a suivi l’un d’entre eux à l’entraînement officiel du FC Tavannes. Cela se passait à la Place des sports. Ainsi a démarré une carrière d’attaquant – passée pour l’essentiel sous nos couleurs, mais aussi à Olympia Tavannes et brièvement à Sonceboz – qui n’aura pas duré une éternité. Très vite en effet, notre homme a choisi de cesser de jouer pour devenir entraîneur.
«Lors d’une soirée festive, Dominique Délétroz (réd: oui, notre dévouée cantinière tavannoise et par ailleurs ardente défenseure de notre MOJU) m’a tiré par la manche et suggéré de me lancer dans ce job», rigole-t-il. «J’ai pris ça pour un challenge et, le mardi suivant, par fierté, j’y suis allé. Et là, ce fut le coup de foudre. Je me suis tout de suite pris au jeu. Aujourd’hui, je l’affirme sans hésiter: entraîneur, c’est le domaine où je m’éclate le plus. Mais attention, entraîneur chez les juniors, pas chez les actifs!»
Seulement des juniors
Pourquoi cette démarcation? «Parce qu’on a beaucoup plus d’impact sur des enfants. Ils sont plus réceptifs aux conseils et aux consignes, ce sont de vraies éponges qu’on doit finir de construire», image-t-il, lui qui est titulaire du diplôme B. «Tandis que les adultes, eux, manquent souvent de sérieux et d’assiduité, choses que je déteste. J’avais pu m’en apercevoir à 26 ans lors d’une expérience de 18 mois comme entraîneur-joueur à Olympia, en 4e ligue…»
Joueur, entraîneur, dirigeant aussi: Francesco n’a rechigné devant aucune tâche, devant aucun effort, pour œuvrer au bien de son club de cœur. «Je ne me suis jamais dévoué pour assouvir une quelconque gloriole personnelle, mais pour servir les intérêts collectifs. Comme tous les entraîneurs, je suis devenu automatiquement membre du comité du MOJU, j’assistais donc aux séances», précise-t-il. De fil en aiguille, entouré de gens influents comme André Glauser et Thierry Chappatte, il endossera diverses responsabilités. Au point de devenir, de 2006 à 2019, président dudit MOJU et, à ce titre, membre du comité central. C’est peu dire que le FCTT lui doit beaucoup.
En 2019, Francesco a éprouvé le besoin de prendre un peu de recul. Mais pas longtemps. Sorti par la grande porte, il est vite revenu par la fenêtre. Aujourd’hui, on le retrouve dans les fonctions de coach Jeunesse & Sport et de membre de la commission technique. Pas une mince affaire. «Il n’y a pas un jour où je ne suis pas sollicité. J’exerce à nouveau presque les mêmes tâches qu’au moment de ma présidence», avoue-t-il. «Heureusement, mon épouse se montre très compréhensive, elle m’offre son plein appui.»
En parallèle, Francesco continue d’entraîner. Actuellement, il s’occupe des juniors D à sept, équipe dont fait partie son fils Dylan, dont il suit de près le parcours depuis ses débuts à l’école de foot.
Manque de ressources
Homme au caractère bien trempé mais connu pour afficher en permanence une bonne humeur contagieuse, Francesco porte un regard réjoui sur l’évolution du MOJU dans son ensemble au cours des 25 dernières années. «Nous avons réalisé de belles choses, il y a de la qualité chez nous, on le constate aujourd’hui par exemple avec la cellule de développement. Nous pouvons être fiers de tout ça», estime-t-il. «Mais j’ai tout de même un sujet d’inquiétude…»
Lequel? «Le plus grand défi», lance-t-il, «c’est de trouver des entraîneurs et des accompagnants bénévoles en suffisance, prêts à payer de leur personne, à donner un peu de leur temps libre pour le bien de tous nos jeunes, dont le nombre ne cesse de croître, lui. Il ne faut pas s’en cacher, nous manquons actuellement de ressources humaines et c’est assez frustrant, car cela freine nos activités et nous empêche de développer les idées qui nous trottent dans la tête pour continuer de progresser.»

