Il sera le conférencier vedette de la soirée de gala du FCTT, le jeudi 26 mars prochain au CIP, à Tramelan. Flanqué de deux de ses habituels consultants, Carlos Varela et un second invité encore à désigner, Alain Rohrbach viendra, ce soir-là – dès 18h – évoquer un sujet qu’il connaît sur le bout des doigts: l’évolution actuelle du football. Le journaliste aux racines jurassiennes bernoises sera soumis à la question par Patrick Linder, le directeur de la Chambre d’économie publique de Grand Chasseral. Ce dernier avait déjà tenu ce rôle avec brio il y a un an environ, lors de la venue d’un certain Maheta Molango.
Rappelons que cette conférence-débat sera suivie, au restaurant Le Galileo attenant, d’un repas gastronomique concocté par le cuisinier franco-tramelot Benoit Martin.
Le tout premier
On ne présente plus Alain Rohrbach (55 ans) aux amoureux du ballon rond de Suisse romande, et encore moins à ceux de nos riantes contrées. Exilé aujourd’hui à Troistorrents, en Valais, cet enfant de Bienne, où il a passé les sept premières années de sa vie, et de Tavannes a acquis une belle notoriété en tant que commentateur et rédacteur en chef adjoint de la chaîne de télévision blue Sport. Sa passion pour le foot, comme aussi son éloquence, sa diction digne d’un acteur de théâtre et sa maîtrise presque sans faille de la langue française, éclatent au grand jour à chacun de ses reportages. Et notre homme a l’avantage de pouvoir s’exprimer sans s’encombrer des lourdeurs de l’accent de sa région d’origine.
Toutes ces qualités, Alain en faisait déjà amplement étalage à ses débuts de pigiste sur les ondes de RJB, en 1988. Il faut savoir qu’il a longtemps pratiqué le journalisme en tant qu’amateur (éclairé), parallèlement à son premier métier de buraliste postal, puis à sa seconde profession de conseiller en assurances, cette dernière fonction étant bien plus rémunératrice que des piges à la radio pour nourrir et élever sa famille de trois enfants. Il ne s’est reconverti et n’a opté pour le plein temps qu’en 2016.
Les plus âgés de nos membres se souviennent qu’Alain fut aussi pendant deux saisons, de 2001 à 2003, soit juste après la fusion, le premier entraîneur de notre équipe fanion, en 3e ligue. En prélude à sa prochaine venue à Tramelan, il a bien voulu répondre à quelques questions…
Alain, nos instances dirigeantes se disent ravies d’avoir pu s’assurer ta présence le 26 mars. Il t’a fallu longtemps pour accepter cette invitation?
Oh non! Je n’ai pas réfléchi plus de 5 secondes. Je suis honoré, car le FCTT est mon club de cœur, au même titre d’ailleurs que le FC Bévilard-Malleray et le FC Reconvilier (réd: devenus récemment Birse FC, en association avec Court).
Comment est née cette passion pour le foot? T’avais des antécédents familiaux?
Oui, mon père a joué également. A l’âge de 7 ans, j’ai débarqué dans les juniors du FC Tavannes, avec Marcel Greder comme entraîneur. A côté de ça, je pratiquais également la gymnastique. Le cumul de ces deux disciplines est devenu difficile et, au bout d’un moment, il m’a fallu faire un choix, qui s’est porté sur le foot. J’ai débuté en 1re équipe de Reconvilier à 15 ans et demi, au poste d’attaquant. A ce moment-là, je faisais aussi partie de la Sélection jurassienne et j’ai même pris part à un rassemblement de l’équipe de Suisse des M16.
En tant que joueur, t’as évolué dans plusieurs clubs de la région, mais à quel moment tu t’es dit que t’allais devenir entraîneur?
Ma carrière de joueur ayant été abrégée par de nombreuses et graves blessures, j’ai bifurqué et obtenu mes diplômes d’entraîneur très jeune (réd: il est titulaire du «A»). Je me suis mis à diriger des juniors à Bévilard alors que j’étais encore joueur. Mon premier poste chez les actifs remonte à 1999, lorsque je suis devenu l’assistant de Philippe Vuilleumier à Tavannes. Je l’ai remplacé un an plus tard.
Ensuite, en 2001, t’es devenu le premier entraîneur du FCTT…
Oui, cet engagement a duré deux saisons. C’était une véritable aventure. Imagine: 22 titulaires potentiels réunis sous le même maillot. La qualité était indéniable, mais le défi consistait à faire des choix, créer un esprit d’équipe, définir un système et un style de jeu. Beaucoup étaient des leaders dans leur ancien club. Par exemple, tu te retrouves avec deux des meilleurs gardiens de 3e ligue et tu dois expliquer à l’un qu’il sera remplaçant. Ce n’était pas simple. La mission était visionnaire, mais l’avenir confirmera que la fusion était la bonne option. Comme à chaque début d’aventure, il faut des pionniers. J’aime bien me considérer comme tel et j’y associe Philippe Burri, qui me secondait durant cette première saison.
Le FCTT, qui s’était donné trois à cinq ans pour monter en 2e ligue, a bouclé la première saison de son histoire à la 2e place de son groupe de 3e ligue premier degré, à huit points du leader Vicques. Tu t’en souviens?
Fort bien. On était à la lutte avec Vicques et on va perdre un match clé là bas au mauvais moment. On a manqué d’efficacité offensive, surtout après la blessure de notre buteur de l’époque Pascal Rüfenacht. On a perdu le contact avec Vicques au moment du sprint final.
Ta seconde saison au FCTT, que t’as disputée avec le défunt Rudi Schribertschnig à tes côtés comme assistant, s’est moins bien passée. L’équipe l’a bouclée à la 3e place, à deux longueurs de Develier et sept du leader Porrentruy…
Oui et non. Le groupe progressait et on allait dans la bonne direction, mais il nous manquait toujours ce buteur capable de claquer 15 buts par saison. Et il faut aussi reconnaître que le FC Porrentruy alignait une grosse équipe. Mais encore une fois, quand on va jouer chez lui on est au contact au classement. On perd ce match de peu. On n’était pas si loin et le groupe avait de la qualité, la promotion n’était qu’une question de temps. Mais ce serait sans moi, car mon contrat avait été signé pour deux saisons.
Pour toi, le championnat 2002/03 s’était terminé en queue de poisson. T’avais mal vécu une situation particulière après une défaite frustrante.
Oui, je crois que c’était à Montsevelier, ou du moins dans le Val Terbi. On avait mal joué et perdu lamentablement. Rudi Schribertschnig voulait provoquer une réaction en quittant le stade sans parler aux joueurs. Ce n’était pas ma façon de faire. Je me considérais toujours comme l’un d’eux, jamais au-dessus. Quand on jouait mal et que je sentais les joueurs déçus ou malheureux, je l’étais aussi. Finalement, j’ai suivi, sachant que mon contrat se terminait dans quelques semaines et qu’il allait reprendre l’équipe. Bon, ça n’a pas vraiment fonctionné et notre fin de championnat nous a fait glisser au 3e rang. Rudi, c’était un personnage vraiment attachant et assez particulier, je l’avais moi-même contacté après la première année pour venir au FCTT, sachant déjà à cette époque que mon bail n’irait pas plus loin que la seconde saison. Il avait trouvé la démarche assez spéciale, mais je dois reconnaître qu’il a été fair-play et je n’ai jamais eu le sentiment qu’il voulait me savonner la planche ou prendre ma place avant l’heure. J’ai beaucoup appris à ses côtés. Avec Rudi aux commandes, le FCTT a connu les joies de la promotion en 2e ligue un an plus tard. L’arrivée de Jonathan Contin avait aussi apporté la pièce manquante au puzzle. J’étais content pour les joueurs.
Ta carrière d’entraîneur ne s’est pas arrêtée là…
En effet, à deux semaines de la fin de mon aventure au FCTT, je signais à Vicques (2e ligue). J’y suis resté 18 mois. Par la suite, j’ai encore dirigé Bévilard-Malleray. Ensuite de quoi j’ai rendu mon tablier d’entraîneur. Il fallait faire un choix, et j’éprouvais davantage de plaisir à commenter à la radio. Les deux tâches n’étaient guère compatibles.
En 2010, t’as quitté la vallée de Tavannes pour aller t’établir en Valais. Pour quel motif?
Pour des raisons professionnelles. Je bossais à la Vaudoise à Moutier et on m’a proposé de rejoindre l’agence du Chablais comme agent principal. Cette expérience à Monthey aura duré six ans. En 2016, j’étais devenu responsable commercial prévoyance pour le Valais romand, le Chablais et la Riviera, mais les aléas de la vie ont fait que je suis allé au clash avec le directeur des ventes. Ce n’était pas une bonne idée. Cela m’a valu de me faire virer séance tenante. Et tu vois, j’ai tendance à croire que, dans la vie, il n’y a jamais de hasard! Deux semaines plus tard, j’étais engagé comme directeur adjoint à Teleclub, qui allait devenir plus tard blue Sport, chaîne avec laquelle je collaborais déjà depuis belle lurette. Ma passion était devenue mon métier.
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